Patience, patience…

Posted on août 1, 2010

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Je comprends l’interrogation et le doute qui s’installent dans l’esprit de beaucoup de jeunes togolais, surtout dans la diaspora, qui se demandent où vont mener ces marches de protestation hebdomadaires organisées par Jean-Pierre Fabre et le FRAC pour contester la victoire frauduleuse de Faure Gnassingbé aux dernières élections présidentielles de Mars 2010. J’ai envie de leur dire comme me disait ma mère: « vinyé gbodzidi, gbodzidi » (fils, patience, patience). Mais il est vrai que les événements de ces derniers mois ne semblent pas plaider pas en faveur du mouvement de contestation.

  • L’Union Européenne a botté en touche en rendant un rapport plutôt équivoque sur le déroulement des élections qu’elle a pourtant financé à coup de millions d’euro,
  • L’église catholique ne publiera certainement pas le rapport de sa mission d’observation des élections de peur de froisser le pouvoir,
  • Le médiateur Blaise Compaoré du Burkina Fasso, les mains encore barbouillées du sang frais de son frère d’armes Thomas Sankara, montre sa vrai face de complice de la dynastie Gnassingbé,
  • Le grand Jerry Rawlings du Ghana serait sorti d’une rencontre avec Faure Gnassingbé en se déclarant « satisfait de l’évolution politique dans ce pays »,
  • Kofi Yamgnane semble préférer sa retraite dorée en France plutôt de voir la misère togolaise avec sa saison des pluies, ses rues inondées et ses moustiques,
  • Le « démocratique » Bénin vient d’expulser l’ex-ministre togolais François Boko de son territoire à la demande de Faure Gnassingbé!

On se sent orphelin hein? Le pauvre peuple togolais souffre dans l’indifférence internationale. Qu’à cela ne tienne! Nos aïeux disaient « Elan mato ashikéa mawué nya na tagbatsustu né » (à l’animal qui n’a pas de queue, c’est Dieu qui chasse les mouches). Patience, patience… mais il ne s’agit pas non plus de s’en remettre à la providence en restant les bras croisés. L’histoire récente du Togo nous a montré que ce peuple pacifique a du courage et peut se montrer obstiné quand il le faut. La grève générale déclenchée en Novembre 1992 pour réclamer la démission de Gnassingbé Eyadéma a duré 9 mois pour faire trembler ce régime. Patience, patience!

A l’époque, les cassandres étaient aussi à l’œuvre, prédisant un essoufflement, une lassitude. Ne leur en déplaise, cette cause est juste et tant qu’il y aura des hommes courageux,  l’obstination viendra à bout de ce régime sanguinaire. Patience, patience…

1er Aout 2010

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