Entre chiens et chats

Posted on août 30, 2010

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Le Togo a encore été cet été sous les feux de l’actualité internationale grâce au buzz créé sur Internet par l’affaire Ledoux-Letondot. Cette scène est révélatrice de l’état de délabrement de notre pays en matière des droits de l’homme mais surtout de la liberté de la presse.

Être journaliste indépendant au Togo n’est pas un métier de tout repos. Parmi les risques du  métier, on notera donc, comme magistralement démontré dans cette scène, la confrontation avec les forces du de l’ordre, disons plutôt les forces du désordre, tant Les journalistes sont des témoins gênant lorsque la machine de répression de ce régime dictatorial se déploie dans nos villes et nos villages pour mater toute opposition. C’est comme une relation entre chiens et chats! L’affaire Ledoux-Letondot n’est pas rare: un cas similaire qui n’a pas eu le même impact médiatique s’est déroulé l’année dernière lors d’une manifestation de journalistes à Lomé, avec comme guest star le Colonel Yark chef de la gendarmerie togolaise: « Avancez encore 5 mètres … vous avez le choix vous vous dispersez ou on vous disperse, et de force… ils n’ont qu’à avancer 5 mètres … rentrez leur dedans je suis responsable… vous avez rien vu encore! ». Le Colonel Yark a été à bonne école, formation assurée par les missions de coopération militaire de l’ex-colon, et comme tout bon chien, il ne fait que suivre la voie de son maître!


Au delà de ces cas anecdotiques, combien de cas d’emprisonnement arbitraire, de tortures, d’agressions par des « inconnus » ou d’assassinats purs et simples sont dénombrés? La liste de ces journalistes qui ont eu une mort violente non élucidée s’allonge jour après jour. Mais devant la levée de bouclier d’institutions internationales et les contestations, Faure Gnassingbé et ses cerbères  s’ingénient maintenant à trouver des nouveaux moyens plus « pacifiques » pour museler la presse. C’est l’utilisation de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la communication (HAAC) comme le père fouettard des médias ou l’asservissement des juges pour des procès expéditifs avec à la clé des demandes de montants colossaux en dommages et intérêts.

Courage amis journalistes! Comme tout chat qui se respecte, quelque soit la chute il faut toujours tomber sur vos pattes pour que ces chiens ne triomphent pas. Vous êtes le dernier rempart contre la barbarie de ce régime!

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