Je refuse de danser le 5 Octobre!

Posted on octobre 5, 2010

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Aujourd’hui contrairement à certains de mes compatriotes, je n’ai rien à célébrer. Je refuse de danser, je refuse de suivre le rythme endiablé que certains voudraient lancer pour célébrer le 5 Octobre 1990, jour où une brave génération de Togolais a commencé son sacrifice spontané pour essayer de mettre fin à la dictature d’Eyadema.

Aujourd’hui je n’ai rien à célébrer car il n’y rien dont notre mémoire collective peut se glorifier mis à part l’énorme sacrifice d’une génération! Eyadema n’avait il pas dit « aucun sacrifice n’est trop grand quand il s’agit de la jeunesse ». Avec le recul de 20 ans on avait tord de prendre cette phrase au sens propre. En vérité c’était le début d’un véritable sacrifice humain et social! Combien de jeunes gens sont tombés dans la fleur de l’âge, combien d’entre eux, traumatisés à jamais, ont émigré loin de la terre de nos aïeux pour fuir la chasse à l’homme, la prison, la torture, les représailles de toutes sortes?

Pendant 20 ans, amateurisme, duplicité et traîtrise ont miné la lutte d’un peuple pour la liberté et les droits fondamentaux. Quand on compare à l’époque du parti unique et de la pensée unique, nul ne peut nier que les choses aient quelque peu évolué. Aujourd’hui  le Togolais peut penser, écrire et parler librement, il n’y a pas de doute, il n’y a qu’a voir le foisonnement de journaux, de portails en ligne avec leur forum, de blogs,  la pléthore de partis politiques et d’associations,  le nombre de participants dans les réseaux sociaux, etc.  Pourtant je refuse quand même de célébrer ce jour. Je refuse de participer à perpétuer la réputation de danseur de notre peuple, oui le togolais sait danser, danser mieux que les congolais et les ivoiriens car le togolais danse de tout son corps et de toute son âme. Eyadema avait même fait de la danse un sport national avec les groupes d’animation avec lesquels de nombreuses jeunes filles ont excellé pour trouver mari ou de nombreux jeunes hommes ont poussé de la voix et joué des épaules pour faire carrière! Le congolais Kofi Olomidé l’a bien compris en venant chanter et faire danser à la prétendue gloire de Faure Gnassingbé contre monnaie sonnante et trébuchante!

Non tout n’est pas prétexte au folklore. Je refuse de célébrer 20 ans d’amateurisme, de duplicité et de traîtrise… mais je me souviens d’une génération sacrifiée, de nos 20 ans perdus!

5 Octobre 2010

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Posted in: Justice, Politique, Togo