Vendredi noir pour Internet au Togo

Posted on janvier 23, 2011

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Ce Vendredi 21 Janvier 2011 par un communiqué non daté, l’Autorité de Réglementation des secteurs de postes et de télécommunications (ART&P) informe le public et les clients de la société CAFE Informatique et Télécommunications, qu’elle est obligée de procéder au retrait des licences et à l’arrêt des activités correspondantes de la dite société !

Les raisons invoquées seraient le non paiement des redevances depuis plusieurs années et l’impossibilité pour la société CAFE de fournir un plan d’investissement pour les licences VOIP et VSAT.

Quelques soient les vraies raisons qui motivent une telle décision, il s’agit là d’un coup dur pour le développement d’Internet au Togo car la société CAFE est reconnue pour avoir introduit Internet au Togo et est le seul fournisseur d’accès indépendant à coté de l’opérateur national Togo Telecom, les services d’internet mobile du 3e opérateur Moov étant basés sur la plateforme VSAT de CAFE.

Le VSAT est la technologie de connexion Internet basée sur les satellites de télécommunication et qui ne nécessite pas l’utilisation de lignes téléphoniques ni de câbles sous-marins. Pour la petite histoire, le Togo était l’un des tout premiers pays de l’Afrique sub-saharienne à avoir accès à Internet par liaison satellite dans les années 1990 grâce à l’initiative privée de pionners togolais de l’informatique qui ont créé et développé CAFE l’une des premières sociétés informatiques de la sous-région. Pour savoir combien l’état togolais a investi dans le développement de l’accès a Internet lire mon billet du 27 Aout 2010 sur  https://philoticus.wordpress.com/2010/08/27/analphabetisme-numerique/.

Lorsque l’on s’intéresse de près aux conditions d’octroi des licences par le régulateur (http://www.scribd.com/collections/2819422/TOGO-Dossier-VSAT) , il est clair que ce sont des montants prohibitifs qui ne peuvent que noyer les finances d’un opérateur tout en bloquant l’évolution du secteur, étouffer l’initiative privée et l’innovation!  Le site de désinformation de la république nous apprend d’ailleurs que Togo Telecom serait aussi redevable des redevances mais que des négociations seraient en cours pour aboutir à une compensation entre le montant de la redevance à payer par Togo télécom et la dette de l’état vis-à-vis de cette société publique.

Il est aussi notoire à Lomé que le développement de la technologie VOIP (téléphonie basée sur Internet sans passer par les lignes fixes) par la société CAFE a été bloqué par des manigances du régime pour empêcher la société de mettre en place un partenariat avec l’opérateur mobile TELECEL (devenu Moov depuis lors après un passage au purgatoire) et ceci malgré le paiement préalable des redevances exorbitantes !

L’enjeu pour les citoyens que nous sommes c’est la liberté d’expression et la liberté d’information sur Internet, l’avantage de l’offre CAFE étant son indépendance, la technologie satellite (sans passer par une ligne téléphonique) et sa couverture complète du territoire. A partir du moment où le service offert par CAFE n’existera plus, seul Togo Telecom aura les moyens d’offrir un accès limité aux gens qui ont le téléphone fixe, et entre les mains du pouvoir on peut imaginer toutes les actions de contrôle, d’espionnage et d’arrêt inopiné du trafic par le fait du prince. On se souvient des coupures des réseaux GSM lors des moments de tension… Vive la liberté!

Au moment où l’on parle de réduire la fracture numérique dans d’autres pays, les togolais doivent dire NON à la dictature numérique. Rejoignez nous sur  http://www.facebook.com/home.php?sk=group_194169417262085&ap=1

22 Janvier 2011

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Posted in: Afrique, Technologie, Togo