Ask not what Janpi can do for you!

Posted on février 1, 2011

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Ces dernières semaines écoulées ont été éprouvantes pour moi et tant d’autres de mes amis activistes! Devant la déferlante populaire qui a emporté Ben Ali en Tunisie et en train de secouer Hosni Moubarak en Egypte, on se demande tous pourquoi ça ne prend pas chez nous au Togo, pourquoi tous les médias mondiaux nous relatent jour après jour les exploits du peuple tunisien, la montée en puissance du peuple égyptien, les frétillements du peuple yéménite, etc. sans dire un mot sur le Togo! J’ai envie de leur crier qu’au Togo, un demi-million de personnes sont sortis dans les rues de Lomé  en 2010 sans que cela n’émeuve personne dans la communauté internationale… mais je suis réaliste, je sais au fond de moi que les médias internationaux et la communauté internationale ne s’intéresseront au Togo que si nous battons le triste record des 500 morts de 2005.  D’ailleurs, pas plus tard que Samedi, un officiel européen ne disait-il pas lors de la présentation des vœux à l’ambassade du Togo à Bruxelles que « l’année 2005 est encore trop proche dans leur esprits pour ne pas se féliciter des progrès accomplis récemment, fussent-ils minimes et critiqués». Ceux sont les mêmes qui disaient la semaine dernière « ne pas avoir mesuré l’ampleur de l’exaspération du peuple tunisien». J’espère que dans sa tournée des capitales européennes, Jean-Pierre Fabre leur a expliqué que le peuple togolais n’attend rien de leur part et leur demande rien!

Même blasé avec double carapace, c’est l’attitude de mes compatriotes d’une certaine intelligentsia togolaise qui est la plus déconcertante. Voici donc neuf mois que le FRAC organise des marches pacifiques hebdomadaires mettant des milliers de personnes dans les rues, et voici que les voix de nos intellectuels et d’une certaine jeunesse dorée s’élèvent pour questionner ironiquement la stratégie derrière ces marches, pour affirmer que ces marches ne vont rien donner, pour discréditer toute action, ou dire qu’il faudrait changer de stratégie ! Mais quelle stratégie nom d’une pipe ! Dimanche dernier lors de sa rencontre avec la diaspora à Paris, Jean-Pierre Fabre a répondu qu’il n’allait pas « commencer expliquer son plan sinon ce ne serait plus un plan » et qu’à un moment donné il faudra que les Togolais se lèvent se mobilisent pour en finir avec ce pouvoir dynastique des Gnassingbé qui les exaspère depuis plus de 40 ans. Qu’attendent ils donc de Jean-Pierre Fabre ? Qu’ont-ils fait eux-mêmes pour leur pays?

Tout ceci n’est pas sans rappeler le mémorable discours d’investiture de John Fitzgerald Kennedy en 1961: “In the long history of the world, only a few generations have been granted the role of defending freedom in its hour of maximum danger. I do not shank from this responsibility, I welcome it. I do not believe that any of us would exchange places with any other people or any other generation. The energy, the faith, the devotion which we bring to this endeavor will light our country and all who serve it, and the glow from that fire can truly light the world. And so, my fellow Americans, ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country. My fellow citizens of the world, ask not what America will do for you, but what together we can do for the freedom of man.


Alors mes chers compatriotes, Ask not what Janpi can do for you, ask what you can do for your country, car Janpi lui, est  dans l’action tous les jours que Dieu lui permet de se lever, il n’attend pas que cela vienne d’ailleurs ou de quelqu’un autre ! Janpi n’est ni Gandhi, ni Mandela, mais très humblement et avec détermination il se bat avec ses compagnons pour un état de droit au Togo. « Si la cours constitutionnel du Togo déclare que je suis une femme, personne ne bougera mais moi je crierai sur tous les toits que je suis un homme!« . Mais une chose est sure, comme il l’a dit récemment ce n’est pas lui qui appellera à des actions spectaculaires, à un soulèvement populaire ou à des actes inciviques. Dans la minute où il dira une telle chose les forces du désordre du pouvoir seront là pour, au mieux le jeter en prison, ou pire l’abattre ! Croyez moi ces vautours qui nous gouvernent n’attendent que ce prétexte… et nous sommes entourés de traîtres de tout genre. Ce n’est de toutes façons pas à un parti politique démocratique de lancer des appels à l’insurrection populaire ou de prendre les armes, un parti politique fait les actions de sensibilisation mais le peuple souverain doit prendre ses responsabilités ; la société civile, les syndicats et les mouvements de jeunesses doivent aussi être les moteurs des actions de revendication sur tous les sujets qui les préoccupent, les entraves aux droits civiques, à la liberté d’expression et d’entreprendre, la hausse des prix, la censure des médias, etc… Ask not what Janpi can do for you, ask what you can do for your country!

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