La laideur du mensonge

Posted on mars 29, 2011

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Dans le jeu de la vérité, le ministre Pascal Bodjona a été pris, pris et repris! Il nous confirme le proverbe selon lequel « on attrape plus vite un menteur qu’un voleur ». Le 2 Mars dernier, notre ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales sortait un projet de loi pour réguler les réunions et les manifestations publiques en le présentant comme un projet issu de la concertation avec les partis politiques, les organisations de défense des droits de l’homme et la société civile. La dite concertation aurait eu lieu dans le cadre d’un atelier de réflexion co-organisé par son ministère, la représentation au Togo du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme et le Centre de Droit Public de l’Université de Lomé, avec le soutien du Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Togo.

Selon l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), ce projet de loi n’a qu’un seul objectif, restreindre les libertés de réunion et de manifestation, en violation du cadre juridique qui existe à travers la Constitution du 14 octobre 1992, la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, le pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, la charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1981, la charte des partis politiques de 1991 et le code électoral en vigueur.

Suite au tollé général provoqué par l’annonce d’un tel projet de loi, le ministre s’empresse d’aller claironner sur sa chaîne de télévision privée LCF que des membres imminents de partis d’opposition et des organisations des droits de l’homme ont participé à la conception de ce projet de loi. Il est vite démenti par Isabelle Améganvi, vice-présidente de l’ANC, qui déclare n’avoir été autorisée à participer qu’à la réception d’ouverture du fameux atelier et n’avoir eu d’autres suites de cet atelier que par l’annonce du projet de loi. «Comment peut-on participer à l’élaboration d’une loi comme celle que Bodjona brandit comme un trophée de guerre ? Je ne suis pas bête pour donner à mon adversaire les moyens pour m’opprimer » Il est aussi démenti par la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) qui dément avoir participé à l’élaboration d’un tel projet et dénonce la duperie dont ses membres ont été victimes, invités à des réunions sans objet précis puis mis devant le fait accompli d’un texte qu’ils ne peuvent cautionner. « C’est donc très erroné et très désabusé de penser, de croire ou de faire croire que la LTDH puisse être actrice et donc complice d’un texte prédateur de la liberté constitutionnelle de réunions et de manifestations, ultime recours des citoyens contre l’arbitraire et l’oppression. »

Tel est pris un menteur qui n’hésite pas alors à nous la jouer « c’est pas moi c’est l’autre ! » pour se défiler: il annonce le 16 mars dernier, lors d’une rencontre avec les responsables du Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC), que le projet de loi était une initiative de Michael Offermann le représentant au Togo du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, qui lui aurait transmis par fax la loi du Burkina Faso en lui demandant de la faire voter au Togo…. Mr le Ministre oserais je dire que le mensonge est un vilain défaut ?

Nous ne sommes pas au bout de notre surprise car la semaine dernière, Pascal Bodjona, convoque de nouveau tout le monde à un nouvel atelier au cours duquel il déclare « Nous prenons le ferme engagement de prendre en compte vos contributions, enfin d’avoir un texte amélioré ». Mr le Ministre, oserais je dire que le mensonge enlaidit ?

Ceci n’est pas nouveau, il y a bien d’autres précédents comme l’adoption unilatérale du code électoral sans tenir compte des avis des autres parties impliquées et les diverses tentatives de modification du code de la presse pour en faire une loi répressive à l’égard des professionnels des médias. Mensonges, duplicité et hypocrisie sont les méthodes de gouvernance du régime dictatorial de Faure Gnassingbé et son entourage. Ils ont perdu tout crédit, pour autant qu’ils en aient eu, pour gouverner notre pays. Ils doivent juste dégager !

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Posted in: Afrique, Togo