Faure Gnassingbé mis à nu, les femmes veulent les flambeaux!

Posted on août 29, 2012

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Au Togo on dit qu’il est difficile de réveiller quelqu’un qui fait semblant de dormir. En 2005 Faure Gnassingbé, est passé en une nuit de ministre à député, de député à président de l’assemblée nationale, et de président de l’assemblée nationale à président de la république mais 7 ans après son accession sanglante au pouvoir, il est apparu incapable de faire les réformes institutionnelles conclues au terme de 17 dialogues politiques! Il aura un moment trompé tout le monde à coup de milliards dépensés en campagne de lobbying par des porteurs de valise qui lui ont construit une fausse image de démocrate ouvert au dialogue ; déclarant à propos de son père « lui c’est lui, moi c’est moi » il aura même versé quelques larmes de crocodile en mémoire des victimes de la barbarie de 2005 et décrété la réconciliation nationale avec l’aide du clergé togolais et d’une certaine communauté internationale (le HCDH, l’OIF, le PNUD et l’Union Européenne auront financé à hauteur de 5 millions USD une Commission Vérité Justice Réconciliation qui n’aura, ni dit toute la vérité, ni rendu justice).

Mais Faure Gnassingbé se révèle aujourd’hui aux yeux du monde comme l’homme qui a semé la division dans sa propre famille (en mettant en prison son frère Kpatcha Gnassingbé dans une sombre affaire d’atteinte à la sureté de l’état) et dans le parti politique hérité de son père (en dissolvant le RPT pour créer l’UNIR sous prétexte de rénovation). En 7 ans de pouvoir, sa gouvernance se résume en népotisme, corruption, instrumentalisation de la justice, et diverses tentatives de musellement de la presse et de l’opposition. A son actif, la réfection de quelques routes de la capitale Lomé !  Muré dans un silence sépulcral et très éloigné du peuple, il passe sont temps dans la luxure et les conquêtes féminines – on lui compte des dizaines d’amantes dont certaines bien placées dans le cercle fermé qui régente le pays.

Essou néné (ça suffit), disent les togolais. Face à une contestation qui ne cesse de monter crescendo depuis les élections présidentielles frauduleuses de 2010 et la répression féroce des manifestations, la dernière estocade viendra t’elle justement des femmes ? Le monde entier parle ces derniers jours de la grève du sexe lancée par les femmes du Collectif « Sauvons le Togo » pour inciter les hommes à s’investir encore plus dans la lutte pour mettre fin définitivement au règne du clan Gnassingbé sur le Togo, certaines femmes menaçant même de manifester nues. Si cette grève du sexe s’inspire de l’expérience d’autres pays comme le Libéria, l’intervention des femmes dans la lutte politique au Togo n’est pas une légende, ce n’est pas juste un coup médiatique.

Les historiens sont unanimes sur le rôle des femmes à l’avant-garde de la lutte pour l’indépendance du Togo. Par leur participation active et leurs contributions financières, elles ont contribué à la création et au fonctionnement d’organisations comme le CUT. Elles composaient les chants révolutionnaires et les entonnaient dans les manifestations, et ont même organisé des processions nocturnes symboliquement à la recherche d’Ablodé (indépendance) à la lueur de lanternes. Déjà en 1933, dans ce qui sera appelé la « Révolte des Loméennes » elles ont mené la fronde contre le gouvernement colonial. A cette époque, pour protester contre les taxes abusives, les lois oppressives et  l’arrestation de leurs maris, «elles marchèrent à travers les grandes artères de la capitale, chantant et scandant des injures à l’encontre du pouvoir colonial et débouchèrent sur le palais du gouverneur de la république où elles crièrent leur ras-le bol et réclamèrent la libération de leurs maris et la révision des taxes ».

L’implication de la femme togolaise dans la vie politique ne date pas d’hier. Ainsi, la sociologue togolaise Pépévi Afiwa KPAKPO décrit dans un ouvrage intitulé « La femme et le pouvoir dans la société togolaise traditionnelle » ce qui suit sur nos us et coutumes :

Chez les Konkomba par exemple, il faut une fille vierge non pubère pour apporter à manger aux guerriers consignés. On concède parfois à la femme un rôle mystique. Ainsi dans plusieurs milieux, on peut trouver des femmes qui en fonction de leur pouvoir (économique, du verbe, mystique), peuvent être convoquées au conseil de guerre. A Tchamba par exemple, c’est la princesse qui sonne l’alarme de guerre. En plus de cela, elle tient une queue de vache et suivant le sens dans lequel elle tournait la queue, on savait déjà l’issue de la guerre. Parfois on lui prépare une potion dans une grosse marmite qu’elle porte sur la tête et toutes les flèches (ou balles) ennemies tombent dans cette marmite.

De même, chez les Adélé, c’est la femme qui prend le devant de la guerre. Les fétiches sont tenus par les femmes et ce sont elles qui font les cérémonies rituelles. Une jeune femme qui est désignée par le fétiche cesse d’une façon mystique d’être réglée.

 Les femmes jouent le rôle de conseillères parce que les hommes écoutent plus leur mère que leur père, dit-on à Notsè.

 Chez les Moba, la femme intervient comme symbole de cessez-le-feu : dans le temps, lorsqu’il y avait conflit armé, la femme va au devant de la scène avec une calebasse remplie de cendre qui a pour signification le feu est éteint. En d’autres termes, un cessez-le-feu. Il en est de même chez les Kabyè. En cas de conflit de guerre interminable, la femme sort nue pour traverser les deux camps. Il y a cessez-le-feu immédiat car la nudité de la femme est considérée comme une malédiction pour la personne qui la voit. Symboliquement on te montre par où tu es sorti pour entrer dans le monde. En plus la nudité neutralise les pouvoirs magiques (gris-gris et autres).

Chez les Naoudouba comme chez les Lamba, même cérémonial, la femme joue un rôle d’apaisement en utilisant la calebasse de cendre. Et il y a des femmes spécifiques (femmes coutumières) pour jouer ce rôle d’apaisement. La femme est un « instrument d’apaisement chez les Konkomba. C’est elle qui apporte de l’eau à la guerre et elle peut signer l’armistice. Nue ou habillée, ses bras en l’air signifient un cessez-le-fèu.

 Chez les Agnagan, en cas de conflit grave, quand une femme sort de la maison pour crier ou si elle trace une ligne de démarcation avec de la cendre, aucun homme ne peut la traverser.

Il ne faut donc pas aller chercher les références ailleurs pour expliquer la grève du sexe ou l’exhibition du sexe dans les manifestations à venir. Faure Gnassingbé est mis à nu, nul ne peut présager de son sort mais une chose est sûre… éssou néné !

Philo-sociologue

29/08/2012

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