Gerry Taama tue toute polémique sur la mort de SINANDARE Gouyano Anselme!

Posted on avril 23, 2013

2


L’humanisme n’a pas de pays

anselmeDepuis la mort du jeune Anselme à Dapaong, j’entends dire dans des médias, par des personnes pour lesquels j’ai pourtant une très grande estime, que la responsabilité de ce drame incombe aux grévistes. Cette polémique s’est largement importée sur les médias sociaux, où elle s’enfle à l’infini.
A toutes ces personnes, j’aimerais apporter trois précisions.

Primo : On parle de la mort d’un enfant tué par balle. Un enfant peut mourir, bien sûr, il en meurt des milliers par jour à travers le monde, mais par balle, non, sauf peut être pour des enfants soldats, et même là, ce n’est pas normal. On ne dit pas qu’Anselme est mort dans les bousculades, ou qu’il est tombé dans un puits. Non, quelqu’un lui a tiré dessus. Les raisons pour lesquelles cet enfant était dehors importent peu, même s’il avait été surpris en train de cambrioler une maison, on ne tire pas sur un enfant. C’est la raison pour laquelle le législateur a prévu un âge en dessous duquel on n’est pas pénalement responsable de ses actes. Anselme était mineur. Partout dans le monde, la mort d’un enfant est source d’émotion. C’est notre humanisme qui s’exprime ainsi, car un enfant est vulnérable, faible. L’humanisme n’a pas de pays.

Secundo : Même le gouvernement fait amende honorable dans cette affaire. C’est tout de même curieux que pendant que les ministres et le premier ministre parlent de bavure et de mesures drastiques prises contre les responsables des tirs, d’autres continuent à prendre le STT et les enseignants comme responsables du décès par balle de ce gamin. On peut certes défendre les actions du gouvernent par une action de communication, mais toutes les causes ne se jouent pas. On ne joue pas avec la mort d’un enfant. Comme je l’ai dit, l’humanisme est universel.

Tertio : De quels enfants parle-t-on ? Ces personnes nous disent que les élèves dans la rue ont été poussé à sortir par les enseignants. Mais de quoi parle-t-on. En 2012, les élèvent étaient déjà sortis, et personne à l’époque n’avait parlé d’instrumentalisation, puisque le STT n’existait pas. Des élèves dans les rues, ce n’est pas nouveau. Au Burkina Faso, en France (contre le CPE) au Canada, aux USA, au Chili…, des élèves ont régulièrement intervenu dans l’actualité par des actions de rue. D’où le second débat. Que cherchaient ces enfants dehors ? A entendre ce qu’ils ont déclaré aux préfets qu’ils ont rencontré partout, y compris à Dapaong, ils veulent leur cour. Est-ce qu’on a besoin d’instrumentaliser des élèves pour qu’ils demandent une chose aussi élémentaire ? Je ne le pense pas, même s’il n’est pas interdit qu’une manipulation ait pu avoir lieu. (il faudrait dans ce cas apporter des preuves irréfutables). Ce que je réfute, c’est qu’on essaie de nous faire croire que les élèves ne peuvent pas décider d’eux même d’aller à la rue. Personnellement, j’étais en 3ème quand j’ai crée ma première association engagée. Ça s’appelait Association des Elèves pour le Renouveau (ADER). C’était en 91, à Niamtougou. J’avais 16 ans. Si les événements qui se passent actuellement s’étaient passés à l’époque, il est évident que j’aurai mis tous mes copains dehors. Et je ne parle pas de ce que j’étais au Lycée. Il faut savoir ce que nous voulons. Si un lycéen ne peut pas demander à ses copains d’aller faire du boucan dehors parce qu’il ne veut pas perdre son année, il n’a rien à faire au lycée.

C’était mon coup de gueule. Et je suis toujours aussi malade. M…de.

Gerry Taama

Il ne m’arrive pas souvent de reprendre des articles d’autres blogueurs, mais là mon ami Gerry a frappé fort. C’est le meilleur article que je lis de lui depuis 3 ans. Et il dit écrire du fond de son lit de malade. L’ami, si tu me lis, tu devrais plus souvent tomber malade…

Philo-copieur

23 Avril 2013

Publicités
Posted in: Togo