La fronde de Kodjoviakopé ramène le spectre des milices meurtrières du RPT sur le Togo

Posted on mai 24, 2013

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vlcsnap-2013-05-23-19h40m28s0Ce jeudi 23 Mai 2012, le quartier de Kodjoviakopé a été le théâtre d’affrontements entre des jeunes militants et les gendarmes à un tel point que ces derniers ont capitulé et, vraisemblablement fait appel à des milices paramilitaires et des militaires. Cette escalade de violences fait craindre le retour des heures sombres que plus personne ne veut au Togo, raison pour laquelle, tous les démocrates togolais ne cessent d’appeler à une solution pacifique pour sortir de la crise socio-politique. Malheureusement, il semble que Faure Gnassingbé et son clan sont dans une logique jusqu’au-boutiste de conservation du pouvoir par tous les moyens. Ainsi, face à l’indignation générale après le décès en détention du militant Etienne Yakanou et après la sortie des femmes du Collectif Sauvons le Togo ce 21 Mai,  le gouvernement se base sur de vagues et fallacieux prétextes de maintien de l’ordre pour interdire toute manifestation à Lomé par un simple communiqué signé par le ministre de la sécurité et le ministre de l’administration territoriale.

L’interdiction une manifestation n’étant pas de la compétence des ministres signataires du communiqué, il était illusoire de penser qu’une telle décision illégale soit prise en compte par l’opposition qui a maintenu son appel à manifester. Ce qui devait arriver arriva…

Acte 1: Malgré l’interdiction de manifester, les militants ont commencé tôt le matin à se regrouper à différents endroits de la ville de Lomé. Par exemple à Hanoukopé, les forces de l’ordre entament une dispersion en roulant à vive allure et en tirant des grenades lacrymogènes.

Acte 2: Plusieurs manifestants se replient vers Nyékonakpoè puis sur finalement sur Kodjoviakopé. Ce quartier est alors le théatre d’affrontements entre jeunes militants et gendarmes. Les jeunes militants pose des barricades au carrefour de la station d’essence et affrontent les forces de l’ordre toute la matinée sur l’avenue Duisbourg et attirant par moment les gendarmes dans les petites rues adjacentes. La détermination et la violence physique exprimées par certains jeunes, pour autant que ce soit de vrais militants de l’opposition (on se connait dans ce pays), font craindre le pire.

Acte 3: Les gendarmes sont débordés, selon l’aveu d’un des officiers dans son talkie « sincèrement nous sommes même débordés ». Ils se replient.

Acte 4: Vraisemblablement appelés en renfort, des militaires et miliciens armés arrivent en soutien, en flagrante violation des règles en matière de maintien d’ordre selon lesquelles seule la gendarmerie doit intervenir, et avec les armes non létales appropriées. Ils font mine de nettoyer les débris sur la route, évaluent la situation puis repartent. On ne saura jamais, s’il y a eu contre-ordre…

Acte 5: Le colonel Yark Damehane, ministre de la sécurité, arrive en personne pour constater la situation. Il déclare sur un ton humouristique « Il y a la guerre? ». Il fait le tour d’un immeuble de l’état puis repart en déclarant que la situation est maitrisée: « nous avons l’habitude ».

Acte 6: après le départ du ministre, la foule revient sur le carrefour de la station d’essence, les militants discutent, parlent de leurs revendications et témoignent de la présence des milices. Certains haranguent les gendarmes eux aussi revenus, puis la situation s’enflamme de nouveau: les barricades d’objets divers et de pneus enflammés sont de nouveau mis en place. La nuit tombe, les gendarmes n’interviennent plus…

Phil-reporter depuis la République autonome de Kodjoviakopé

24/05/2013

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Posted in: Togo