Moi président de la Francafrique…

Posted on novembre 8, 2013

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holfaurfraokNos médias publics ne se lassent pas de l’annoncer depuis avant hier « Le président Faure Gnassingbé effectuera une visite officielle en France du 13 au 15 novembre au cours de laquelle il s’entretiendra avec son homologue François Hollande… et gnagnagni et gnagnagna!« . Le site de désinformation de notre très très démocratique république y va même de sa note en rajoutant que « cette visite intervient alors que 2013 marque le 50e anniversaire de la coopération entre le Togo et la France. » Bon sang, comme si on n’avait que ça à faire que compter le nombre d’années de vassalité vis à vis de la France et de ce système de la Francafrique, plutôt que regretter l’assassinat de Sylvanus Olympio, le père de la courte indépendance du Togo!

Je n’ai jamais cru que François Hollande continuerait éternellement à refuser de recevoir celui qui a accédé au pouvoir au Togo en marchant sur les cadavres de centaines de Togolais; la France a ses intérêts que la raison ne connait point. Mais j’ai eu envie d’écrire à Monsieur Hollande pour lui demander d’arrêter ce cirque, pour lui transmettre un mémo sur la situation du Togo et lui demander d’être ferme vis à vis du petit Faure (Faurevi), mais qui suis donc? Alors je me console avec ceci, un truc genre Moi président de la République, version Francafrique que François Hollande lirait devant son miroir avant de recevoir le petit :

Moi président de la Francafrique, je ne serai pas le chef d’une bande de chefs d’état génocidaires et tyrannique, je ne recevrai pas les présidents mal élus à l’Élysée.
Moi président de la Francafrique, je ne traiterai pas mes préfets dictateurs africains de collaborateurs.
Moi président de la Francafrique, je ne participerai pas à des collectes de fonds auprès de dictateurs Africains pour ma prochaine campagne électorale.
Moi président de la Francafrique, je dirai aux dictateurs de laisser fonctionner leur justice de manière indépendante, je leur dirai de libérer les opposants illégalement détenus en prison pour des délits d’opinion ou de fausses accusations d’incendie de marchés.
Moi président de la Francafrique, je dirai aux dictateurs d’arrêter de fermer les chaînes de radio privées, je leur dirai de laisser la presse indépendante.
Moi président de la Francafrique, je leur conseillerai d’avoir un comportement qui soit en chaque instant exemplaire, éviter les arrestations arbitraires, les gaz lacrymogènes dans les maisons, la torture et les assassinats de femmes et d’enfants pour un oui et pour un non, je leur dirai que je ne cautionne pas la détention illégale de gens comme le Commandant Olivier Amah ou l’assassinat de jeunes comme Anselme Sinalengue ou Douti Sinandaré.
Moi président de la Francafrique, j’aurai aussi à cœur de leur dire de ne pas avoir un statut pénal du chef de l’État ; je leur dirai de le réformer, de signer le traité de Rome, de façon à nen pas s’octroyer un permis de tuer et une garantie d’impunité.
Moi président de la Francafrique, je leur dirai d’avoir des égards pour la femme africaine et éviter tout acte visant à leur avilissement, je leur dirai qu’il est bien vu de se présenter avec une épouse légitime lors d’une visite officielle chez le chef de la Fracafrique.
Moi président de la Francafrique, je conseillerai fortement aux présidents-fondateurs d’adhérer à un code de déontologie leur interdisant de s’accaparer, avec une minorité, les richesses de leurs pays au détriment de la majorité de leurs populations.
Moi président de la Francafrique, les présidents-fondateurs ne pourront pas rester président à vie, parce que je considère l’alternance démocratique comme un principe sacré.

Moi président de la Francafrique, je ferai un acte de décentralisation radicale en coupant tout lien de vassalité avec l’Afrique, parce que je pense que les pays africains ont besoin d’un nouveau souffle, de nouvelles compétences, de nouvelles libertés.
Moi président de la Francafrique, je ferai en sorte que les opposants politiques puissent être respectés, que l’armée soit républicaine et qu’il puisse y avoir régulièrement une discussion entre l’opposition et le pouvoir pour savoir ce qui relève de la loi, ce qui relève de la négociation, sans l’usage de la force armée, de l’intimidation, des brimades, de la torture et des assassinats politiques.
Moi président de la Francafrique, j’engagerai de grands débats, on a évoqué celui du franc CFA, et il est légitime qu’il puisse y avoir sur ces questions-là de grands débats entre partenaires d’égal à égal.
Moi président de la Francafrique, je m’engagerai pour les élections soient libres et transparentes en Afrique, car je pense qu’il est bon que l’ensemble des sensibilités politiques soient respectées.
Moi président de la Francafrique, j’essaierai d’avoir de la hauteur de vue, pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions pour la France, mais en même temps je ne m’occuperai plus de la Francafrique, et j’aurai toujours le souci de la proximité avec les Français en laissant les Africains s’occuper de leur propre sort!

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Posted in: Togo